Calypso Rose est une chanteuse de calypso originaire de l'île de Tobago, république Trinité et Tobago, dans les antilles anglaises. En 2008, à 68 ans, elle sort un album éponyme signant l'offensive du "Calypso revival".
Le calypso, emblème musical de Trinidad, révélé au monde dans une version édulcorée au cours des années cinquante par Harry Belafonte, n’a pas dit son dernier mot. Découverte en France en 2005, à travers le projet Calypso @ Dirty Jim's, un disque et un documentaire (réalisé par Pascale Obolo) qui réunissait quelques-uns des derniers grands calypsoniens (chanteurs de calypso), Calypso Rose a valeur de trésor caché. Star absolue du calypso, elle s’est produite partout dans le monde et a enregistré plus de vingt albums. Cette femme est doublement rare. Boule d’énergie, de bonne compagnie, elle est « la » leçon de bonheur capable de décrisper les visages les plus renfrognés et d’anéantir toute mélancolie. « Je ne suis pas devenue une chanteuse de calypso, je suis née dans le calypso » clame la pétulante mama, voguant allègrement vers ses 70 printemps. « Le père de ma grand-mère était un calypsonien ! J’ai commencé a écrire des calypsos à l’âge de 15 ans. »
Calypso Rose est née le 27 avril 1940 dans la petite île de Tobago, république de Trinité & Tobago, dans les Antilles anglaises. Si elle vit depuis plusieurs années dans le Queens, à New York, pas question pour elle de couper le cordon avec son île natale que Christophe Colomb avait baptisé Bella Forma, lorsqu’il était arrivé dans le coin, en 1498. Calypso Rose se contrefiche sans doute de l’appréciation de l’aventurier, mais elle n’est pas la dernière à vanter la beauté de Tobago, sa « première maison ». « Mon rêve, ce serait d’avoir mon propre bateau et de passer mon temps à pêcher sur les côtes de ma magnifique île ! » La pêche est ainsi sa seconde passion. Peut-être transmise par son père, lui-même pêcheur, « en plus d’être un prêcheur de l’église des Baptistes Spirituels.»
Calypso Rose retourne régulièrement à Tobago. Des voyages nécessaires pour se ressourcer, immersions régulières qui ravivent les souvenirs d’enfance. « Je me rappelle bien mon départ de Tobago pour Trinidad. Ma famille, de descendance “Sandy”, habitait dans le village de Bethel, où l’on vivait de pêche et d’élevage. Nous étions treize enfants. L’année de mes neuf ans, ma tante qui vivait à Trinidad, un matin, nous a tous alignés dans le jardin et… j’ai été choisie pour aller vivre avec elle à Trinidad! Il s’agit aussi d’une très belle île, avec des gens chaleureux et un rythme de vie trépidant, si on le compare à celui de Tobago. » A Trinidad, Calypso Rose renaît pendant son adolescence. A partir de cette période, le calypso devient sa gourmandise, son terrain de jeux favori, son obsession, autant que sa raison de vivre. Elle va en bouleverser la donne : « C’était jusqu’alors un univers de mâles.» Au Carnaval de 1978, lors de la compétition pour le titre de « King Of Calypso », elle remporte tous les suffrages. « Ils ont été obligés de changer le nom à cause de moi. Désormais on dit ”Calypso Monarch”! » Une Calypso Queen est née ; Calypso Rose remportera cinq fois le trophée.
Avec son nouvel album, outre sa dévotion au calypso, dame Rose exprime d’autres attachements : « Je revendique mes racines africaines. Mon arrière grand-mère, d’origine guinéenne, est venue en tant qu’esclave à Trinidad & Tobago. La chanson Back to Africa lui est dédiée, en mémoire à sa souffrance et à celle des esclaves du monde entier qui ont fait ce même voyage. ». Elle a eu un contact direct avec la terre d’Afrique, il y a plus d’une dizaines d’années. « J’ai voyagé au Liberia et eu la chance d’y rencontrer le président Samuel Doe, avant qu’il soit assassiné. J’ai donné là-bas un concert pour les orphelins ». A cette occasion, elle écrit alors un calypso Pepper Soup, du nom du plat national du Liberia. Un plat qu’elle apprécie, mais rien ne vaut un bon calypso pour maintenir en forme. « Ce rythme me rend folle ! », lance avec un rire contagieux Sa pétillante Majesté.
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